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jeudi 9 avril 2009

Sagesse


Sagesse, première mise en ligne par Minacat.

Station Balard


Monsieur André y arrive
Tous les jours
A midi

Bonnet d’hiver
Rasé de près
Et maigre à souhait

C’est là
Juste
En haut de la dernière marche
Qu’il passe
Le plus clair de ses aujourd’huis


Il a tout gagné de la vie
Après avoir beaucoup perdu
Il a franchi les haines
Les faux semblants
D’amitié et d’ amour

Alors
Alors bonjour Madame
Ô que vous êtes jolie ce matin
Bonjour Monsieur
Je vois c’est le grand jour aujourd’hui
Bonjour Toutou
Un petit jogging
Avant les croquettes


Monsieur André casse les pavés de solitude
Déchire les serpentins de tristesse
Trouve le mot-sourire
Qui requinque le cœur et égaye
L’âme

Certains l’ignorent
Bien sûr
En croyant qu’il fait la manche

D’autres s’approchent
S’arrêtent
Passe leur main dans sa main
Font parfois même la queue

Gâté par la vie
Monsieur André ne veut plus prendre
Il veut seulement donner

Alors
Alors il distribue
Les mains ouvertes
Son amour des autres
Et
Son hebdomadaire
« Les Dernières Nouvelles du Paradis »
Jusqu’aux heures tardives
Des misères du monde

Michel Johann Lefranc

mercredi 8 avril 2009

Ce matin, j'ai rencontré l'infini


Ce matin, j'ai rencontré l'infini, première mise en ligne par Minacat.

Ce matin
J'ai rencontré
l'infini

Je marchais dans les rues
Pourchassé par des bus et des tramways
Par de hauts murs gris
Et des regards scellés

Et voilà
Qu'aux contours de rien
L'infini
M'est apparu
Comme ça
Comme un ami

Un ami
Que j'avais dû perdre de vue
Aux premières années
Sans savoir

A le revoir comme ça
Je l'ai trouvé si jeune
Si ouvert
Si grand

Ce matin
J'ai rencontré
L'infini

Et j'en suis tout ravi


Michel Johann Lefranc

mardi 23 septembre 2008

A je-nous


A je-nous, première mise en ligne par Minacat.

Je
tu
il/elle
nous
vous
elles/ils

Je
nous
vous
si elle
en moi

j'ai
t' elle-ment
elle
en moi
en nous
tranqu'ils
et Vous?

Oh, moi
Jeu
tu-e
le temps
sans toi
en vouvoyant
des nous

Car voyez-vous

je
t' aime
avec tes ailes
si belles
sur notre île
à nous


Michel Johann Lefranc
Le 27 octobre 2008

dimanche 27 juillet 2008

Je te tiendrai la main


Je te tiendrai la main, première mise en ligne par Minacat.

Quand ton rire me dira
Tes enfances encore et encore
Que tes mots parfumeront mes regards
Que tes regards
D'instant en instant
M'enlaceront d 'amour
Je tiendrai ta main

Quand tes yeux tourneront autour de mes désirs
Et que tes lèvres mouilleront mes rêves
Que du lait jaillira de tes seins
Jour après jour
Je tiendrai ta main

Quand au mariage blanc des étoiles
Au-dessus des épousailles de l'écume
Tes pas s'approcheront des miens
Rendant tendres les rochers éternels
Je tiendrai ta main

Quand plus tard peut-être
Dans la fadeur des quotidiens
Tu croiras moins en nous
Et que tu ne te retourneras plus
Vers moi dans la rue
Ou sur les chemins de campagne
Je tiendrai ta main

Au détour des amitiés qui grandiront et se perdront de vieillesse
Des visages de famille qui passeront et s'effaceront
De les avoir trop peu revus
Je tiendrai ta main

Lorsque trop vieux pour tenir
Nous nous allongerons côte à côte
Une infinie et ultime fois
Je tiendrai ta main

A la décrépitude des jours du monde
Quand les arbres baisseront les bras
Et les cieux s'enfonceront en terre
Je te tiendrai la main

Michel Johann Lefranc

jeudi 10 juillet 2008

Lell


Lell, première mise en ligne par Minacat.

Lell se réveilla soudain

Il y avait comme un vent immobile, un de ces vents qui n’en est pas mais qui ne peut être désigné autrement.

Au dehors tout était pareil et pourtant différent. Il y avait une étrangeté dans chaque atome, une altération. Certes, c’était bien le printemps, mais un printemps hors norme, comme un printemps passé par un automne et un hiver qui auraient laissé leurs traces.

Certes les oiseaux chantaient toujours mais sur un mode mineur, plus discrètement, de façon presqu’incertaine. Les arbres étaient bien là avec leurs crinières de feuilles. Pourtant , comment dire, pensait Lell, toutes jeunes encore, elles portaient sur elles, en elles de la lassitude.

L’air lui-même n’était pas lui-même ; on n’ y sentait plus la richesse, la densité des millions de messages invisibles, l’envie de vivre . C’était comme si le paysage, n’en pouvant plus d’être ce qu’il avait été, voulait rentrer chez lui et se terrer.

Et la mer ? Lell se disait qu’elle avait dû prendre un nombre incalculable de rides. Elle croyait même entendre le son des vagues, un son rauque, comme une lamentation.

Et les rues. Lell examina la sienne. Elle lui parut sensiblement plus petite, plus étroite ; Elle s’était comme recroquevillée. Elle avait même l’air de ne pas vouloir s’ouvrir à une autre rue, à un autre trottoir , de vouloir s’arrêter là.

Et les humains, en cette heure précoce, ils n’étaient que silhouettes grises

Lell eut l’intuition soudaine que le temps avait pris de l’âge, que la saison avait vieilli .

Michel Johann Lefranc

mercredi 9 juillet 2008

La vieille dame


La vieille dame, première mise en ligne par Minacat.

La vieille dame
Au coin de la fenêtre
De son trois-pièces
Sans balcon
Est là
Immobile
Sans vieillir
A regarder
En face
Un banc

De pluie comme de soleil
Avait été assis
Un homme
Une fleur à la main

Sa mère avait dit non
D’un revers de grimace
Et ce mot avait suffi
A refermer sa vie

Michel Johann Lefranc

jeudi 17 avril 2008

Les cabines de bain


Les cabines de bain, première mise en ligne par Minacat.

Un merveilleux poème de Michel Johann Lefranc écrit pour cette photo :


Les cabines de bain
De la mer du Nord
Sont presque hautaines
De leur alignement parfait

Elles sont proprettes
Stérilisées
Raffinées
Et vides

De leurs yeux noirs de cyclope
Elles aiment poser pour les photographes
C’est leur côté immortel
Et faire se tourner et se retourner leur ombre

Au garde à vous
Depuis longtemps
Face aux milliards de grains de soleil
Vautrés à leurs pieds
Elles attendent
La tête haute et amères
Le peloton
D’une exécution lente et froide
Venu d’on ne sait où

Téléchargé par Minacat le 14 avr 08 à 5:18 (CEST).

mardi 15 avril 2008

Quand la terre ne sera plus que la mer


Quand la terre ne sera plus que la mer, première mise en ligne par Minacat.

Quand la terre
Ne sera plus que
La mer

Qu’il n’y aura plus
nous

Que les rares hommes
Ne seront plus que
Des errants inhumains

Ton beau visage tant aimé
Continuera de se refléter
Dans les miroirs du ciel
De nuit comme de jour
Rappelant à l'univers
Que
La terre et la mer
Seraient bien restées amies

Michel Johann Lefranc

Téléchargé par Minacat le 11 mai 08 à 9:31 (CEST).

mardi 8 avril 2008

Le train


Le train, première mise en ligne par Minacat.

Il prend le train de 6h23
Comme d’habitude
Il aime ce départ
De sa banlieue éloignée
Qui a encore le goût des oiseaux
des cloches d’église
Et des paysages sagement faits

Il ne parvient pas à lire
Il contemple

Derrière l’entremêlement
D’arbres encore noirs
Et douloureux de nuit
Se profile le soleil tout blanc
Des premières naissances

Dans le wagon à étage
Les gens sortent peu à peu
De leur ombre
Des visages se dessinent

Dans le lointain
Les gratte-ciel
Sous les brumes en haillons
Sont encore sans tête

Est-il le seul
A regarder au dehors
A regarder
Le temps qui défile
La sortie de terre
Des couleurs humides

Comme tout cela va vite
Et pourtant le train s’arrête
Repart, se remplit
Joue
A faire le manège
Des joies enfantines

Les gens dorment, lisent, rêvent
se regardent si peu

L’air mûrit
Les couleurs d’un instant
Commencent à se répandre
Dans un ciel
Devenu clair

Des couples entrent
Se bécotent un temps
Sortent
Et lui a des envies

Le train entre dans la ville
Avec sa terre sans terre
Son ciel sans ciel
Ses humains pressés
D’être eux-mêmes
Et si peu les autres

Là-bas
Le long du fleuve
Impatient de continuer
Son chemin
Des familles promènent
Leur existence passagère

Le train lui semble accélérer
Sa cadence
Devenir plus brutal
A quelle station devait-il déjà descendre
Il cherche dans sa mémoire
Pendant que le wagon
Se vide

Il ne reste bientôt que
Des personnes âgées
Et du paysage
Qui devient un peu flou
Et des arbres des parcs
Qui s’orangent, jaunissent

Lui n’arrive pas
A se lever
Il continue de regarder
Au bout de la ville
Il le sait
Il y a l’hiver

Il arrivera sans doute
En retard
Mais est-ce bien grave ?

Michel Johann Lefranc

Téléchargé par Minacat le 13 jun 08 à 9:51 (CEST).

mardi 18 mars 2008

La vieille dame


La vieille dame, première mise en ligne par Minacat.

La vieille dame
Au coin de la fenêtre
De son trois-pièces
Sans balcon
Est là
Immobile
Sans vieillir
A regarder
En face
Un banc

De pluie comme de soleil
Avait été assis
Un homme
Une fleur à la main

Sa mère avait dit non
D’un revers de grimace
Et ce mot avait suffi
A refermer sa vie


Michel Johann Lefranc

lundi 25 février 2008

Bord de mer


Bord de mer, première mise en ligne par Minacat.

Voici le magnifique poème que Michel Johann Lefranc a écrit pour accompagner cette photo :

Ils marchaient sur la plage

Après de longs mois
Ils retrouvaient la mer
qui leur parut
grandie
plus intense

longuement ils la caressèrent
comme une amie
trop longtemps absente

Autour d'eux
une brise exigeante filait
exhortait la lumière
et chamboulait le paysage

Une marée de nuages
remonta le ciel
dépeigna les herbes
et rebroussa les sables

Une couleur colère-joie
des éléments
naquit
qui étendit
soudain
l’univers
et créa
comme le début
d’un nouveau monde

Ils ne rentrèrent jamais dîner.

samedi 23 février 2008

Il est de doux ouragans dans le monde


Il est de doux ouragans dans le monde, première mise en ligne par Minacat.

Il est des vents
Différents du vent
Qui font savoir qu'il existe un autre côté à la vie

Il est des bises
Qui ébranlent les quotidiens trop quotidiens
Tout comme un geste qui parvient à toucher
Juste là au centre de légèreté/gravité d'un être

Des bourrasques qui laissent
S'envoler ceux qui ne sont plus trop attachés
Et les font planer
Entre terre et ciel

Il est des cyclones de magnitude 7
Qui tendrement définitivement
Dévastent d'un coup
Des pans de vie usée
Et redonnent chance

Il est de doux ouragans dans le monde
Qui ne font se déplacer
Aucune population
Sauf quelques amoureux

Qui font monter le niveau des océans du coeur
et se plier les palmiers des incertitudes
Emmurer le secret des amours.

Michel Johann Lefranc

jeudi 21 février 2008

Tu seras un homme...


Tu seras un homme..., première mise en ligne par Minacat.

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING

mercredi 20 février 2008

M'envoler vers toi


M'envoler vers toi, première mise en ligne par Minacat.

Il faut fuir
Il faut fuir
Les hommes ont fait un trou dans la coque
Un gros gros trou

Les machines commencent à ralentir
Le navire à tourner en rond

ça commence à fuir de partout

Alors il faut fuir
Fuir avant qu'il ne soit trop tard
Même s'il est déjà trop tard
Pour réveiller les fumeurs de centrales
Les vidangeurs de sous-sols
Les cambrioleurs de rêves

Les briseurs d'espoir

Ils n'en ont rien à cirer de leurs enfants
D'ailleurs
Ils n'en voulaient pas
Ils n'en ont fait que parce que ça se faisait

Comme par hasard on n'a pas prévu
Les embarcations de sauvetage
Les radeaux d'infortune
ça aurait coûté trop cher

Donc plus question d'attendre

La gite est trop forte

Alors plutôt que de passer par-dessus bord
Jetez-vous hors de notre terre
Jetez-vous dans l'univers
Encélestez-vous

Y aura bien
Sans hasard
Une bonne terre bien saine
Qui passera par là
Pour nous accueillir

Michel Johann Lefranc

mardi 19 février 2008

Fuir


Fuir, première mise en ligne par Minacat.

Il faut fuir
Il faut fuir
Les hommes ont fait un trou dans la coque
Un gros gros trou

Les machines commencent à ralentir
Le navire à tourner en rond

ça commence à fuir de partout

Alors il faut fuir
Fuir avant qu'il ne soit trop tard
Même s'il est déjà trop tard
Pour réveiller les fumeurs de centrales
Les vidangeurs de sous-sols
Les cambrioleurs de rêves

Les briseurs d'espoir

Ils n'en ont rien à cirer de leurs enfants
D'ailleurs
Ils n'en voulaient pas
Ils n'en ont fait que parce que ça se faisait

Comme par hasard on n'a pas prévu
Les embarcations de sauvetage
Les radeaux d'infortune
ça aurait coûté trop cher

Donc plus question d'attendre

La gite est trop forte

Alors plutôt que de passer par-dessus bord
Jetez-vous hors de notre terre
Jetez-vous dans l'univers
Encélestez-vous

Y aura bien
Sans hasard
Une bonne terre bien saine
Qui passera par là
Pour nous accueillir

Michel Johann Lefranc

samedi 16 février 2008

Soir de lumière


Soir de lumière, première mise en ligne par Minacat.

On est en cette heure
D'une année
En cette heure si précieuse et si rare
Où partout de par la terre
Commence un temps clair
Qui va éblouissant l'âme
Et nourrit d'une paix intérieure
Chaque être

Qu'il soit du désert
D'une colline
De l'océan
Ou d'un arbre
Il accueille
Cette tranquille et grandissante beauté
De ceux
Qui de toutes heures
Ont bien vécu

C'est eux
Qui contrairement aux vents déchaînés des hommes
Ont décidé de répandre
En ce soir si matin
Leurs bienfaits
De lumière

Michel Johann Lefranc

mercredi 13 février 2008

Augure


Augure, première mise en ligne par Minacat.

L'oiseau
crie
aux sables du silence
olifants amers
pour une âme fugitive
pour une âme murée d'angoisse
pour une âme plus sèche
que l'urne funéraire

L'oiseau dérive
aux arcanes du songe
rosaces violettes
pour une âme terreuse
pour une âme en détresse
pour une âme plus nue
qu'une banquise
au vent polaire

L'oiseau
plonge
aux mers lustrales
héliotropes mystiques
pour une âme désertée
pour une âme insulaire
pour une âme plus creuse
qu'un bois funèbre
jeté dans le Gange.

Hautecombe

mardi 12 février 2008

Le visage


Le visage, première mise en ligne par Minacat.

A chaque instant je crois entendre tes pas (...)
Je suis murée de solitude et ce silence opaque m'inquiète. Voici déjà le crépuscule aux vitraux de la salle d'armes. Quand vient le soir, aux heures de doute et de lucidité, on aime sentir autour de soi les présences ancestrales. La nuit gagne les tapisseries, les coffres, les livres d'heures. Je ne sais pourquoi un absurde pressentiment m'obsède. L'horloge sonne, comme ce coeur qui cogne, à coups sourds, dans ce corps frêle que la pesanteur angoisse. (...)

Que signifie ce retard ? Attendre, tenaillée d'angoisse, attendre et jusqu'à quand ? Seule dans cette salle où telle une alchimiste j'inventais une poétique du songe ! A quoi bon ces métamorphoses ? J'ai peur que le jour sans toi ne se lève. Tout est tristesse d'âme sous les chênes centenaires. (...)

L'horloge sonne. Quand finira ce cauchemar ? A te perdre, je ne te sentirais pas menacé. Mieux vaut l'oubli que cette hantise de mort qui cerne ton visage ! Je déraisonne. Dans un instant tu seras là, avec ton impatience d'enfant. Tu me diras tes doutes, tes révoltes, tes chimères. (...) Et nous fêterons les nuits vertes aux lucioles de l'été ! (...)

Une aube gorgée d'eau et de brumes tente de naître, une aube de Toussaint sur un cimetière abandonné, indécise poussière d'albâtre au goût de cendre qui flotte ainsi qu'un suaire, entre les tombes, dans l'air glauque. C'est l'heure inquiète, échange d'instinctives tendresses qui peuplent les rêves de clair azur, de sables fauves, d'algues vertes, d'océans de feu, de soleils jaune canari et de fabuleuses caravelles à proue de cristal.

Le jour est funéraire. Dans ce monde sans âme, tant de souvenirs conspirent à rendre sensible l'évanescence de la vie. Tout est morne, décor insolite de buis, de croix, de pierres...

Je reste seule, vie dérisoire.

Hautecombe

dimanche 10 février 2008

Il voulait lui dire


Il voulait lui dire, première mise en ligne par Minacat.

Il voulait lui dire que

Il voulait lui dire que
quand ils se sont unis
la toute dernière fois

il a vu des oiseaux de couleurs
qui rentraient et sortaient
des fenêtres de leur amour
des glycines d'étoiles
qui perlaient en plein jour
des murs sans mur de leur ivresse

Dans la chambre
loin des mots du monde

Dans leur chambre toute claire du bonheur trouvé
leurs mains se sont confondues
tout comme leurs lèvres et leurs rires sans âge

Quand ils se sont unis
cette toute dernière fois

Leurs corps tout épris d'une âme immense

Des feuillages en lumière se sont glissés dans leurs yeux
le parfum du soleil a envahi leurs coeurs

Comme leurs bras sentaient bon
la fougère transparente des éternités

quand ils se sont unis
cette après-midi-là
ce fut
c'est
comme une toute première fois.

Michel Johann Lefranc

vendredi 8 février 2008

Je te dis je


Je te dis je, première mise en ligne par Minacat.

Je te dis je à toi que j'aime
Parce que tu es plus proche
De moi que moi de moi
Et tu me dis je à moi que tu aimes
Parce que je suis plus proche
De toi que toi de toi
Mais ensemble nous cherchons
Dans nos esprits
Un pronom plus personnel encore
Que ce je qui joue et s'amuse
(au fond) toujours de nous
Et qui n'est jamais vraiment nous.

Michel Johann Lefranc