Station Balard
Monsieur André y arrive
Tous les jours
A midi
Bonnet d’hiver
Rasé de près
Et maigre à souhait
C’est là
Juste
En haut de la dernière marche
Qu’il passe
Le plus clair de ses aujourd’huis
Il a tout gagné de la vie
Après avoir beaucoup perdu
Il a franchi les haines
Les faux semblants
D’amitié et d’ amour
Alors
Alors bonjour Madame
Ô que vous êtes jolie ce matin
Bonjour Monsieur
Je vois c’est le grand jour aujourd’hui
Bonjour Toutou
Un petit jogging
Avant les croquettes
Monsieur André casse les pavés de solitude
Déchire les serpentins de tristesse
Trouve le mot-sourire
Qui requinque le cœur et égaye
L’âme
Certains l’ignorent
Bien sûr
En croyant qu’il fait la manche
D’autres s’approchent
S’arrêtent
Passe leur main dans sa main
Font parfois même la queue
Gâté par la vie
Monsieur André ne veut plus prendre
Il veut seulement donner
Alors
Alors il distribue
Les mains ouvertes
Son amour des autres
Et
Son hebdomadaire
« Les Dernières Nouvelles du Paradis »
Jusqu’aux heures tardives
Des misères du monde
Michel Johann Lefranc
jeudi 9 avril 2009
Sagesse
mercredi 8 avril 2009
Ce matin, j'ai rencontré l'infini
Ce matin
J'ai rencontré
l'infini
Je marchais dans les rues
Pourchassé par des bus et des tramways
Par de hauts murs gris
Et des regards scellés
Et voilà
Qu'aux contours de rien
L'infini
M'est apparu
Comme ça
Comme un ami
Un ami
Que j'avais dû perdre de vue
Aux premières années
Sans savoir
A le revoir comme ça
Je l'ai trouvé si jeune
Si ouvert
Si grand
Ce matin
J'ai rencontré
L'infini
Et j'en suis tout ravi
Michel Johann Lefranc
mardi 23 septembre 2008
A je-nous
Je
tu
il/elle
nous
vous
elles/ils
Je
nous
vous
si elle
en moi
j'ai
t' elle-ment
elle
en moi
en nous
tranqu'ils
et Vous?
Oh, moi
Jeu
tu-e
le temps
sans toi
en vouvoyant
des nous
Car voyez-vous
je
t' aime
avec tes ailes
si belles
sur notre île
à nous
Michel Johann Lefranc
Le 27 octobre 2008
dimanche 27 juillet 2008
Je te tiendrai la main
Quand ton rire me dira
Tes enfances encore et encore
Que tes mots parfumeront mes regards
Que tes regards
D'instant en instant
M'enlaceront d 'amour
Je tiendrai ta main
Quand tes yeux tourneront autour de mes désirs
Et que tes lèvres mouilleront mes rêves
Que du lait jaillira de tes seins
Jour après jour
Je tiendrai ta main
Quand au mariage blanc des étoiles
Au-dessus des épousailles de l'écume
Tes pas s'approcheront des miens
Rendant tendres les rochers éternels
Je tiendrai ta main
Quand plus tard peut-être
Dans la fadeur des quotidiens
Tu croiras moins en nous
Et que tu ne te retourneras plus
Vers moi dans la rue
Ou sur les chemins de campagne
Je tiendrai ta main
Au détour des amitiés qui grandiront et se perdront de vieillesse
Des visages de famille qui passeront et s'effaceront
De les avoir trop peu revus
Je tiendrai ta main
Lorsque trop vieux pour tenir
Nous nous allongerons côte à côte
Une infinie et ultime fois
Je tiendrai ta main
A la décrépitude des jours du monde
Quand les arbres baisseront les bras
Et les cieux s'enfonceront en terre
Je te tiendrai la main
Michel Johann Lefranc
jeudi 10 juillet 2008
Lell
Lell se réveilla soudain
Il y avait comme un vent immobile, un de ces vents qui n’en est pas mais qui ne peut être désigné autrement.
Au dehors tout était pareil et pourtant différent. Il y avait une étrangeté dans chaque atome, une altération. Certes, c’était bien le printemps, mais un printemps hors norme, comme un printemps passé par un automne et un hiver qui auraient laissé leurs traces.
Certes les oiseaux chantaient toujours mais sur un mode mineur, plus discrètement, de façon presqu’incertaine. Les arbres étaient bien là avec leurs crinières de feuilles. Pourtant , comment dire, pensait Lell, toutes jeunes encore, elles portaient sur elles, en elles de la lassitude.
L’air lui-même n’était pas lui-même ; on n’ y sentait plus la richesse, la densité des millions de messages invisibles, l’envie de vivre . C’était comme si le paysage, n’en pouvant plus d’être ce qu’il avait été, voulait rentrer chez lui et se terrer.
Et la mer ? Lell se disait qu’elle avait dû prendre un nombre incalculable de rides. Elle croyait même entendre le son des vagues, un son rauque, comme une lamentation.
Et les rues. Lell examina la sienne. Elle lui parut sensiblement plus petite, plus étroite ; Elle s’était comme recroquevillée. Elle avait même l’air de ne pas vouloir s’ouvrir à une autre rue, à un autre trottoir , de vouloir s’arrêter là.
Et les humains, en cette heure précoce, ils n’étaient que silhouettes grises
Lell eut l’intuition soudaine que le temps avait pris de l’âge, que la saison avait vieilli .
Michel Johann Lefranc
mercredi 9 juillet 2008
La vieille dame
La vieille dame
Au coin de la fenêtre
De son trois-pièces
Sans balcon
Est là
Immobile
Sans vieillir
A regarder
En face
Un banc
Où
De pluie comme de soleil
Avait été assis
Un homme
Une fleur à la main
Sa mère avait dit non
D’un revers de grimace
Et ce mot avait suffi
A refermer sa vie
Michel Johann Lefranc
jeudi 17 avril 2008
Les cabines de bain
Un merveilleux poème de Michel Johann Lefranc écrit pour cette photo :
Les cabines de bain
De la mer du Nord
Sont presque hautaines
De leur alignement parfait
Elles sont proprettes
Stérilisées
Raffinées
Et vides
De leurs yeux noirs de cyclope
Elles aiment poser pour les photographes
C’est leur côté immortel
Et faire se tourner et se retourner leur ombre
Au garde à vous
Depuis longtemps
Face aux milliards de grains de soleil
Vautrés à leurs pieds
Elles attendent
La tête haute et amères
Le peloton
D’une exécution lente et froide
Venu d’on ne sait où
Téléchargé par Minacat le 14 avr 08 à 5:18 (CEST).
mardi 15 avril 2008
Quand la terre ne sera plus que la mer
Quand la terre
Ne sera plus que
La mer
Qu’il n’y aura plus
nous
Que les rares hommes
Ne seront plus que
Des errants inhumains
Ton beau visage tant aimé
Continuera de se refléter
Dans les miroirs du ciel
De nuit comme de jour
Rappelant à l'univers
Que
La terre et la mer
Seraient bien restées amies
Michel Johann Lefranc
Téléchargé par Minacat le 11 mai 08 à 9:31 (CEST).
mardi 8 avril 2008
Le train
Il prend le train de 6h23
Comme d’habitude
Il aime ce départ
De sa banlieue éloignée
Qui a encore le goût des oiseaux
des cloches d’église
Et des paysages sagement faits
Il ne parvient pas à lire
Il contemple
Derrière l’entremêlement
D’arbres encore noirs
Et douloureux de nuit
Se profile le soleil tout blanc
Des premières naissances
Dans le wagon à étage
Les gens sortent peu à peu
De leur ombre
Des visages se dessinent
Dans le lointain
Les gratte-ciel
Sous les brumes en haillons
Sont encore sans tête
Est-il le seul
A regarder au dehors
A regarder
Le temps qui défile
La sortie de terre
Des couleurs humides
Comme tout cela va vite
Et pourtant le train s’arrête
Repart, se remplit
Joue
A faire le manège
Des joies enfantines
Les gens dorment, lisent, rêvent
se regardent si peu
L’air mûrit
Les couleurs d’un instant
Commencent à se répandre
Dans un ciel
Devenu clair
Des couples entrent
Se bécotent un temps
Sortent
Et lui a des envies
Le train entre dans la ville
Avec sa terre sans terre
Son ciel sans ciel
Ses humains pressés
D’être eux-mêmes
Et si peu les autres
Là-bas
Le long du fleuve
Impatient de continuer
Son chemin
Des familles promènent
Leur existence passagère
Le train lui semble accélérer
Sa cadence
Devenir plus brutal
A quelle station devait-il déjà descendre
Il cherche dans sa mémoire
Pendant que le wagon
Se vide
Il ne reste bientôt que
Des personnes âgées
Et du paysage
Qui devient un peu flou
Et des arbres des parcs
Qui s’orangent, jaunissent
Lui n’arrive pas
A se lever
Il continue de regarder
Au bout de la ville
Il le sait
Il y a l’hiver
Il arrivera sans doute
En retard
Mais est-ce bien grave ?
Michel Johann Lefranc
Téléchargé par Minacat le 13 jun 08 à 9:51 (CEST).
mardi 18 mars 2008
La vieille dame
La vieille dame
Au coin de la fenêtre
De son trois-pièces
Sans balcon
Est là
Immobile
Sans vieillir
A regarder
En face
Un banc
Où
De pluie comme de soleil
Avait été assis
Un homme
Une fleur à la main
Sa mère avait dit non
D’un revers de grimace
Et ce mot avait suffi
A refermer sa vie
Michel Johann Lefranc
lundi 25 février 2008
Bord de mer
Voici le magnifique poème que Michel Johann Lefranc a écrit pour accompagner cette photo :
Ils marchaient sur la plage
Après de longs mois
Ils retrouvaient la mer
qui leur parut
grandie
plus intense
longuement ils la caressèrent
comme une amie
trop longtemps absente
Autour d'eux
une brise exigeante filait
exhortait la lumière
et chamboulait le paysage
Une marée de nuages
remonta le ciel
dépeigna les herbes
et rebroussa les sables
Une couleur colère-joie
des éléments
naquit
qui étendit
soudain
l’univers
et créa
comme le début
d’un nouveau monde
Ils ne rentrèrent jamais dîner.
samedi 23 février 2008
Il est de doux ouragans dans le monde
Il est des vents
Différents du vent
Qui font savoir qu'il existe un autre côté à la vie
Il est des bises
Qui ébranlent les quotidiens trop quotidiens
Tout comme un geste qui parvient à toucher
Juste là au centre de légèreté/gravité d'un être
Des bourrasques qui laissent
S'envoler ceux qui ne sont plus trop attachés
Et les font planer
Entre terre et ciel
Il est des cyclones de magnitude 7
Qui tendrement définitivement
Dévastent d'un coup
Des pans de vie usée
Et redonnent chance
Il est de doux ouragans dans le monde
Qui ne font se déplacer
Aucune population
Sauf quelques amoureux
Qui font monter le niveau des océans du coeur
et se plier les palmiers des incertitudes
Emmurer le secret des amours.
Michel Johann Lefranc
jeudi 21 février 2008
Tu seras un homme...
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
Rudyard KIPLING
mercredi 20 février 2008
M'envoler vers toi
Il faut fuir
Il faut fuir
Les hommes ont fait un trou dans la coque
Un gros gros trou
Les machines commencent à ralentir
Le navire à tourner en rond
ça commence à fuir de partout
Alors il faut fuir
Fuir avant qu'il ne soit trop tard
Même s'il est déjà trop tard
Pour réveiller les fumeurs de centrales
Les vidangeurs de sous-sols
Les cambrioleurs de rêves
Les briseurs d'espoir
Ils n'en ont rien à cirer de leurs enfants
D'ailleurs
Ils n'en voulaient pas
Ils n'en ont fait que parce que ça se faisait
Comme par hasard on n'a pas prévu
Les embarcations de sauvetage
Les radeaux d'infortune
ça aurait coûté trop cher
Donc plus question d'attendre
La gite est trop forte
Alors plutôt que de passer par-dessus bord
Jetez-vous hors de notre terre
Jetez-vous dans l'univers
Encélestez-vous
Y aura bien
Sans hasard
Une bonne terre bien saine
Qui passera par là
Pour nous accueillir
Michel Johann Lefranc
mardi 19 février 2008
Fuir
Il faut fuir
Il faut fuir
Les hommes ont fait un trou dans la coque
Un gros gros trou
Les machines commencent à ralentir
Le navire à tourner en rond
ça commence à fuir de partout
Alors il faut fuir
Fuir avant qu'il ne soit trop tard
Même s'il est déjà trop tard
Pour réveiller les fumeurs de centrales
Les vidangeurs de sous-sols
Les cambrioleurs de rêves
Les briseurs d'espoir
Ils n'en ont rien à cirer de leurs enfants
D'ailleurs
Ils n'en voulaient pas
Ils n'en ont fait que parce que ça se faisait
Comme par hasard on n'a pas prévu
Les embarcations de sauvetage
Les radeaux d'infortune
ça aurait coûté trop cher
Donc plus question d'attendre
La gite est trop forte
Alors plutôt que de passer par-dessus bord
Jetez-vous hors de notre terre
Jetez-vous dans l'univers
Encélestez-vous
Y aura bien
Sans hasard
Une bonne terre bien saine
Qui passera par là
Pour nous accueillir
Michel Johann Lefranc
samedi 16 février 2008
Soir de lumière
On est en cette heure
D'une année
En cette heure si précieuse et si rare
Où partout de par la terre
Commence un temps clair
Qui va éblouissant l'âme
Et nourrit d'une paix intérieure
Chaque être
Qu'il soit du désert
D'une colline
De l'océan
Ou d'un arbre
Il accueille
Cette tranquille et grandissante beauté
De ceux
Qui de toutes heures
Ont bien vécu
C'est eux
Qui contrairement aux vents déchaînés des hommes
Ont décidé de répandre
En ce soir si matin
Leurs bienfaits
De lumière
Michel Johann Lefranc
mercredi 13 février 2008
Augure
L'oiseau
crie
aux sables du silence
olifants amers
pour une âme fugitive
pour une âme murée d'angoisse
pour une âme plus sèche
que l'urne funéraire
L'oiseau dérive
aux arcanes du songe
rosaces violettes
pour une âme terreuse
pour une âme en détresse
pour une âme plus nue
qu'une banquise
au vent polaire
L'oiseau
plonge
aux mers lustrales
héliotropes mystiques
pour une âme désertée
pour une âme insulaire
pour une âme plus creuse
qu'un bois funèbre
jeté dans le Gange.
Hautecombe
mardi 12 février 2008
Le visage
A chaque instant je crois entendre tes pas (...)
Je suis murée de solitude et ce silence opaque m'inquiète. Voici déjà le crépuscule aux vitraux de la salle d'armes. Quand vient le soir, aux heures de doute et de lucidité, on aime sentir autour de soi les présences ancestrales. La nuit gagne les tapisseries, les coffres, les livres d'heures. Je ne sais pourquoi un absurde pressentiment m'obsède. L'horloge sonne, comme ce coeur qui cogne, à coups sourds, dans ce corps frêle que la pesanteur angoisse. (...)
Que signifie ce retard ? Attendre, tenaillée d'angoisse, attendre et jusqu'à quand ? Seule dans cette salle où telle une alchimiste j'inventais une poétique du songe ! A quoi bon ces métamorphoses ? J'ai peur que le jour sans toi ne se lève. Tout est tristesse d'âme sous les chênes centenaires. (...)
L'horloge sonne. Quand finira ce cauchemar ? A te perdre, je ne te sentirais pas menacé. Mieux vaut l'oubli que cette hantise de mort qui cerne ton visage ! Je déraisonne. Dans un instant tu seras là, avec ton impatience d'enfant. Tu me diras tes doutes, tes révoltes, tes chimères. (...) Et nous fêterons les nuits vertes aux lucioles de l'été ! (...)
Une aube gorgée d'eau et de brumes tente de naître, une aube de Toussaint sur un cimetière abandonné, indécise poussière d'albâtre au goût de cendre qui flotte ainsi qu'un suaire, entre les tombes, dans l'air glauque. C'est l'heure inquiète, échange d'instinctives tendresses qui peuplent les rêves de clair azur, de sables fauves, d'algues vertes, d'océans de feu, de soleils jaune canari et de fabuleuses caravelles à proue de cristal.
Le jour est funéraire. Dans ce monde sans âme, tant de souvenirs conspirent à rendre sensible l'évanescence de la vie. Tout est morne, décor insolite de buis, de croix, de pierres...
Je reste seule, vie dérisoire.
Hautecombe
dimanche 10 février 2008
Il voulait lui dire
Il voulait lui dire que
Il voulait lui dire que
quand ils se sont unis
la toute dernière fois
il a vu des oiseaux de couleurs
qui rentraient et sortaient
des fenêtres de leur amour
des glycines d'étoiles
qui perlaient en plein jour
des murs sans mur de leur ivresse
Dans la chambre
loin des mots du monde
Dans leur chambre toute claire du bonheur trouvé
leurs mains se sont confondues
tout comme leurs lèvres et leurs rires sans âge
Quand ils se sont unis
cette toute dernière fois
Leurs corps tout épris d'une âme immense
Des feuillages en lumière se sont glissés dans leurs yeux
le parfum du soleil a envahi leurs coeurs
Comme leurs bras sentaient bon
la fougère transparente des éternités
quand ils se sont unis
cette après-midi-là
ce fut
c'est
comme une toute première fois.
Michel Johann Lefranc
vendredi 8 février 2008
Je te dis je
Je te dis je à toi que j'aime
Parce que tu es plus proche
De moi que moi de moi
Et tu me dis je à moi que tu aimes
Parce que je suis plus proche
De toi que toi de toi
Mais ensemble nous cherchons
Dans nos esprits
Un pronom plus personnel encore
Que ce je qui joue et s'amuse
(au fond) toujours de nous
Et qui n'est jamais vraiment nous.
Michel Johann Lefranc