Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité est un plaisir de choix.
Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts de la même main, l'on saisit — après l'avoir incisé — par l'une de ses lèvres ce rêche et fin papier que l'on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule.
L'opération facile laisse, quand on a réussi à la parfaire sans s'y reprendre à trop de fois, une impression de satisfaction indicible.
Francis Ponge (extrait)
Thanks to Senga §
vendredi 14 novembre 2008
PDT
samedi 9 février 2008
No interview, no photo §
© fde, 2008
Emily Dickinson (1830–86). Complete Poems. 1924.
Time and Eternity
A throe upon the features
A hurry in the breath,
An ecstasy of parting
Denominated “Death”,—
An anguish at the mention,
Which, when to patience grown,
I ’ve known permission given
To rejoin its own.
Un masque sur les traits _
Une accélération du souffle _
Une extase de séparation
Appelée la "Mort " _
Une angoisse au récépissé
Quand devenue patiente,
J'ai su qu'était donnée la permission
De rejoindre ça.
vendredi 21 décembre 2007
Bureau de Tabac §
Je ne suis rien.
Je ne serai jamais rien.
Je ne peux vouloir être rien.
A part çà, je porte en moi tous le rêves du monde.
Fernando Pessoa.
jeudi 20 décembre 2007
Ophélia §
© fde, 2006
ô pale Ophélia! belle comme la neige!
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
-- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits.
A. Rimbaud
Téléchargé par François
mardi 18 décembre 2007
On t'appella pas Jean §
A. Rimbaud by Jack Kerouac.
Le Caire pour l''été,
vert amer de citron
et de baisers dans le jardin de poussière
où des filles s'assoient pliées
au crépuscule ne pensant
rien
Harrar ! Harrar !
En litière jusqu'à Zeyla
il est porté en pleurnichant
sur son anniversaire - le bateau
retourne à un Marseille de château de craie
plus triste que le le temps,
que le rêve,
plus triste que l'eau